Un deuil que l'entourage ne nomme pas
Les phrases entendues reviennent toujours : « ce n'était pas encore un bébé », « vous êtes jeunes », « ça arrive à beaucoup de femmes ». Elles sont dites sans mauvaise intention et elles ferment la conversation en une seconde.
Résultat : beaucoup de femmes et de couples n'en parlent plus du tout, y compris entre eux. C'est souvent dans cet état-là qu'ils appellent, et le premier échange sert avant tout à pouvoir raconter.
La priorité absolue : le suivi médical
Des grossesses qui s'interrompent, surtout à répétition, justifient un bilan spécialisé. Il existe des causes identifiables et des prises en charge, et rien de ce qui est proposé ici ne s'y substitue.
Le Professeur Gbétoho le dit systématiquement, et il refuse d'accompagner une personne qui aurait renoncé à son suivi médical pour venir vers lui.
Ce qui peut être accompagné
- Le poids de l'entourage, les questions répétées et les remarques qui reviennent à chaque réunion de famille.
- Ce qui se joue dans le couple : la culpabilité, le silence, la peur de recommencer, l'éloignement qui s'installe.
- Les tensions familiales anciennes qui ressurgissent à cette occasion, parfois d'un seul côté de la famille.
- L'épuisement qui accompagne les allers-retours médicaux et l'attente permanente.
Ce qui n'est jamais fait
Aucune cause médicale n'est annoncée, aucune promesse de grossesse n'est faite, aucun conseil d'arrêter ou de reporter un traitement n'est donné. Aucune personne n'est désignée comme responsable de ce qui vous arrive : c'est une accusation lourde, et elle abîme durablement des familles.
Comment se déroule l'accompagnement
La consultation au cauri porte sur la situation d'ensemble du couple et de ce qui l'entoure. S'il y a un travail à mener, il est expliqué, chiffré, et se déroule dans la durée avec des points réguliers. Vous savez à chaque étape ce qui est fait et pourquoi.
C'est la première fois que quelqu'un me laissait raconter en entier. Il ne m'a rien promis, et j'ai raccroché plus légère.
Nawel H., Vénissieux
Pour le conjoint
Il est presque toujours oublié dans cette épreuve, y compris par lui-même. Les appels passés par des hommes sur ce sujet sont rares et ils sont les bienvenus : la situation se vit à deux, et un accompagnement qui ne concerne qu'une seule personne du couple laisse la moitié du problème dehors.