Une situation sans événement
Rien ne s'est passé. Personne n'est parti, il n'y a pas eu de dispute décisive, et souvent pas de dispute du tout. La conversation s'est réduite à l'organisation : les enfants, les courses, les factures. Les gestes ont disparu sans que l'on puisse dire quand.
C'est ce qui rend cette situation difficile à raconter, y compris à ses proches, qui ne voient rien d'anormal de l'extérieur.
Ce qui la distingue d'une rupture
- Le lien n'est pas coupé, il est en sommeil. Ce n'est pas la même chose et cela ne se travaille pas de la même façon.
- Les deux personnes sont présentes, ce qui laisse une possibilité que la séparation supprime.
- L'usure est ancienne : ce type de situation met des années à s'installer, pas des semaines.
- Personne n'a décidé quoi que ce soit, et c'est parfois cela qui pèse le plus.
Les causes les plus fréquentes
Elles se recoupent souvent, et il est rare qu'il n'y en ait qu'une.
- Un désaccord ancien jamais réglé, contourné pendant des années pour éviter le conflit.
- Une charge de vie écrasante : travail, enfants, parents malades, difficultés d'argent.
- Une blessure jamais dite, qui date parfois de très loin et que l'autre ignore.
- Une influence extérieure installée, qui pèse discrètement mais durablement sur le foyer.
- L'habitude, tout simplement, quand plus rien n'a été fait ensemble depuis longtemps.
Ce que la consultation cherche
Le Professeur Gbétoho regarde si le lien est éteint ou seulement endormi, et d'où vient ce qui l'a étouffé. Un lien endormi se travaille ; un lien éteint depuis des années demande une autre conversation, y compris sur ce que chacun veut réellement.
Là encore, la réponse est parfois qu'il n'y a plus rien à rouvrir. Elle est dite telle quelle.
Ce que vous pouvez tenter de votre côté
- Une conversation en dehors du logement, sans les enfants, sans téléphone, à une heure où personne n'est épuisé.
- Une phrase qui ne commence pas par un reproche. « Je ne veux pas qu'on continue comme ça » ouvre plus de portes que « tu ne fais jamais rien ».
- Une chose faite ensemble, même minime, même sans envie. L'usure se combat par l'action, rarement par la discussion seule.
- Un tiers, si vous en sentez le besoin : un conseiller conjugal ou un thérapeute de couple, dont le travail n'a rien à voir avec ce qui est proposé ici et lui est complémentaire.
On vivait ensemble et on ne se disait plus rien depuis deux ans. J'ai appelé sans y croire, surtout pour comprendre ce qui nous était arrivé.
Élodie R., Colmar
Le bon moment pour appeler
C'est maintenant, et non quand l'un des deux sera parti. Une situation endormie laisse plus de possibilités qu'une séparation consommée, et l'expérience du Professeur Gbétoho est que les gens appellent presque toujours trop tard sur ce sujet précis.